3.9.08

14 Histoire et développement de la linogravure

Ou petit dossier pédagogique. En cours de réalisation...



La linogravure prend ses racines dans la gravure sur bois (xylographie)...

Pour commencer, la xylographie et la gravure sur bois est-ce la même chose?
J'ai trouvé dans le livre "Les procédés de la gravure" d'Alfred de Lostalot (livre non daté mais édité apparemment vers 1890) une remarque assez intéressante à ce sujet. En voici un extrait : "à l'origine la xylographie, dit Ambroise Firmin-Didot (qui a écrit un essai typographique et bibliographique : "Histoire de la Gravure sur Bois à Paris en 1863"), l'impression des bois s'opérait au moyen d'une pression exercée par la brosse ou le frottoir. C'est particulièrement à ce genre d'impression que s'adresse le mot xylographie. Ce procédé long et imparfait, que l'invention de la presse à imprimer a remplacé avec tant d'avantages, était appliqué journellement par les graveurs sur bois quand ils avaient besoin d'obtenir une épreuve d'une gravure ainsi que les imprimeurs quand ils voulaient effectuer une correction d'un texte typographié".
D'ailleurs avez-vous déjà entendu parlé d'un xylographe ! Il dit encore :
"Pour que la gravure sur bois prît une extension considérable, il fallut que la découverte du papier vînt lui fournir le moyen de tirer un bon parti de ses épreuves : auparavant, elle avait à peine sa raison d'être, car le parchemin , les peaux et les tissus ne se prêtent guère à l'impression en relief. Or la fabrication du papier paraît dater de la première moitiè du XIV siècle" (en France).
"Si nous laissons de côté les cartes à jouer, l'estampe xylographique la plus ancienne que l'on connaisse est datée de 1418 : elle représente La Vierge entourée de quatre saints.
A cette époque il ne faut pas voir dans une estampe sur bois l'oeuvre d'un artiste unique. Tout fait supposer qu'elle est due le plus souvent à deux collaborateurs : le dessinateur et le graveur; quelquefois même un troisième, et ce n'est pas le moindre des trois : c'est l'auteur de la composition originale qui a été mise sur bois et gravée".



"Découverte du linoléum "

Le linoléum a été inventé vers 1860 par l'écossais Frederick Walton (1833-1928). Il est composé de poudre de liège, d'huile de lin, de gomme et de résine comprimés sur une toile de jute. C'est un matériau souple et tendre. C'est un revêtement de sol bactéricide !

Première linogravure

Franz Cisek (1865-1946), professeur de dessin à Vienne, eut l'idée (vers 1897) de l'utiliser comme matrice pour la gravure car il soutenait que ce matériau, facile à inciser, se prêtait bien à l'estampe manuelle. Le résultat se traduisit par des images spontanées, expressives, rappelant les dessins d'enfants. Les amis de Cisek, un cercle d'artistes et d'architectes appartenant au "Groupe sécessionniste de Vienne", reconnurent immédiatement la valeur de ses travaux, et utilisèrent tout le potentiel de la nouvelle technique aux fins les plus diverses. En 1900, on employait le linoléum pour illustrer les revues d'art, les livres, les affiches. Son succès était aussi dû à la possibilité de faire des milliers de copies avant que la matrice ne s'abîme.

Évolution des techniques

Au fil du temps les techniques se sont développées. Picasso est l'un des premiers a l'avoir améliorée. Pendant son séjour à Vallauris il fit la rencontre de l’imprimeur Hidalgo Arnera et sur les conseils de son ami Franck Schneider (artiste allemand) Picasso se lance dans la linogravure en 1954. Pendant huit ans, les deux hommes vont travailler ensemble. Chaque matin, l’imprimeur reçoit les travaux que Picasso a réalisés pendant la nuit. Il prépare alors les épreuves et les rapporte en début d’après-midi . Si l’artiste approuve les épreuves, elles sont tirées le lendemain. Au total, près de 200 linogravures auront été réalisées par Picasso et Arnera.
Les innovations misent au point par ces deux hommes sont notamment le passage d’une impression traditionnelle, avec une planche par couleur, à une impression sur une seule plaque, retravaillée pour chaque couleur. Au début Picasso se contente de trois couleurs, il arrive vite à douze couleurs en se servant toujours de la même planche. C'est la technique dite du "lino perdu".
En résumé, celle-ci consiste à n'utiliser qu'un seul lino (matrice) pour réaliser l'entièreté des couleurs. Donc à chaque couleur correspond une taille, il est donc impossible de retourner en arrière. Au lieu d'utiliser plusieurs matrices il faut bien réfléchir et souvent on peut décomposer l'image sur un seul lino et la recomposer à l'impression...

Actuellement on peut : attaquer le lino avec de la soude, le rehausser de pâte, faire une pointe sèche sur lino, le tailler avec une fraiseuse... etc. Bref, ces dix dernières années les techniques ont tellement évolué, qu'il est parfois devenu difficile de les distinguer !

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